Lever le voile sur le (tabou du) ghostwriting

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En tant que rédactrice, mais aussi spécialiste en communication de contenus (qui implique passablement de rédaction), écrire pour les autres fait partie intégrante de mon métier. Même plus, le « ghostwriting » représente bien … 80% de mon quotidien. Les 20% restants se répartissant entre des activités ne nécessitant soit pas de rédaction au sens de « production de contenus écrits » – cela peut-être de la stratégie de communication, de la formation, du community management etc.-, soit de la rédaction mais cette fois avec une visibilité accordée à mon travail d’auteure.

S’il est déjà ardu de faire comprendre ce qu’est un travail de communicante spécialisée en communication de contenus, il l’est encore plus lorsqu’il s’agit de lever le voile sur cette partie majoritaire qui constitue mon travail : écrire pour les autres, dans l’ombre. En évoquant cette réalité, j’ai rencontré chez mes interlocuteur-rices :

  • De la stupeur : « Quoi, mais cela représente vraiment une part aussi importante de ton travail ? »
  • De la critique – plus ou moins vive : « Mais comment peux-tu accepter de faire cela ? ». (Tout juste si le mot « exploitation » n’était pas évoqué par certains)
  • De la curiosité : « Mais comment cela se passe-t-il concrètement? »

De l’admiration, ou autre manifestation « positive » ? Presque jamais.

Et puis il n’y a pas si longtemps, une personne à qui j’expliquais cette casquette de ghostwriter me dit : « Mais comment fais-tu pour écrire sur des sujets aussi variés, pour développer une telle expertise dans autant de domaines ?! ». Pour la première fois, en presque 10 ans, quelqu’un ENFIN pointait du doigt ce qui fait précisément la richesse de ce métier de ghost + writer, rédacteur de l’ombre, rédacteur parfois mis en lumière.

Cette réflexion m’a fait réfléchir sur un point :
REDACTEUR, c’est maitriser son sujet et savoir le mettre en mots de manière fluide, impactante, intéressante etc.

GHOSTWRITER, c’est être capable de maitriser le sujet des autres ET de le mettre en mots de manière intelligible, impactante etc. … de la même manière que l’aurait fait celui pour lequel nous écrivons. C’est non seulement comprendre un sujet qui est – très – souvent éloigné de ce que l’on connait / maitrise, mais également entrer dans l’esprit du mandant afin que le fond et la forme correspondent à SES attentes.

Je ne dis pas que le métier de ghostwriter est plus difficile ou complexe que celui de rédacteur. Simplement différent. Et qu’en cela, il n’y a aucun tabou à l’ériger, enfin, comme une réelle compétence.